Big Girls Don’t Cry.

19 août

On parle beaucoup d’amour et de cul, sur LPPM. On le sait, l’amour ça fait pique, la passion, les ruptures… Mais qu’en est-il quand l’amour fait vraiment mal, au sens propre ?

Confession d’une internaute #2

« Dimanche dernier, j’ai regardé Tina et j’ai pleuré. J’ai pleuré des souvenirs refoulés. J’ai pleuré pour le goût de sang dans ma bouche.

Je me suis souvenue des premiers coups. Ceux donnés sous l’effet de l’alcool. Je me suis souvenue du choc, des excuses et des cadeaux le lendemain. Je me suis souvenue de l’amour aveugle, de la passion qui fait tout oublier, tout pardonner. Je me suis souvenue avoir cru que ce n’était qu’un acte isolé. Je me suis souvenue des soirs d’ébriété de plus en plus fréquents. Des crises de colère et des coups de plus en plus fréquents. La paranoïa alimentée par chaque verre de whisky et des excuses de moins en moins fréquentes. Je me suis souvenue les nuits passées sur le sol des toilettes ou de la salle de bain priant pour qu’il se lasse de taper sur la porte et aille s’endormir. La peur d’en sortir. Je me suis souvenue du petit mensonge dit aux officiers de police prévenus par les voisins. Vous savez ce petit mensonge « non, tout va bien je vous assure ». Des moyens de camouflage plus originaux les uns que les autres. Je me souviens avoir appris que la serviette mouillée est une arme redoutable qui ne laisse pas de traces. Je me suis souvenue des nuits au sommeil léger et de la peur de dire quelque chose de travers. Je me suis aussi souvenue de la période d’accalmie et du bonheur lorsque j’ai appris la nouvelle. De l’impression que tout était derrière. Que c’était fini. Que ce petit être allait tout changer…

Je me suis surtout souvenue de cette nuit la. De la crise de trop. Du coup de trop. Des marches de l’escalier. De la chute. Du sang partout. De ce cœur qui avait cessé de battre dans mon ventre. De ce séjour a l’hôpital. De la dépression. De l’internement.

Par contre ce que je n’ai pas oublié, c’est ce jour la. Cette sortie de hôpital. Ce pas décidé. Les valises faites en 30 minutes. Les clés posées sur la table. Et du départ sans jeter un seul regard en arrière.

Ce jour, j’ai grandi. J’ai cessé d’être faible. Je n’ai plus jamais été la même. J’ai arrêté de jouer les victimes. La seule raison pour laquelle ceci est arrivé, c’est parce que je l’ai laissé faire. La seule raison pour laquelle ceci est arrivé, c’est parce que j’étais aveuglée par une passion destructrice… Car ce n’était pas de l’amour. What’s Love Got To Do With It ?

La seule raison pour laquelle ceci est arrivé, c’est parce que je l’ai laissé faire… »

(J’aime beaucoup l’idée de vous laisser la parole, alors si vous voulez que je crée un onglet « Confession d’une internaute », envoyez moi un mail)

4 Responses to “Big Girls Don’t Cry.”

  1. lo 19 août 2013 at 15 h 56 min #

    « La seule raison pour laquelle ceci est arrivé, c’est parce que je l’ai laissé faire… »

    C’est bien et fort de cesser de sortir de la victimisation mais il ne faut pas non plus la remplacer par de la culpabilité..?

    La première raison pour laquelle c’est arrivé, c’est peut-être parce-qu’il y a des individus capables de nuire aux autres, non?

    Ensuite, le fait de rester et de souffrir (alors qu’on a encore « le choix ») doit nécessiter un questionnement c’est sur.

    Durèche tout ça.

    • Big Girl 5 septembre 2013 at 12 h 11 min #

      Hello Lo,

      Tout d’abord, j’aimerais clarifier un petit détail. Je ne ressens pas de la culpabilité et je n’ai pas à en ressentir. « La seule raison pour laquelle ceci est arrivé, c’est parce que je l’ai laissé faire » oui ! Car la seule raison pour laquelle s’est arrivé, c’est que je n’ai pas voulu/pu voir la réalité et j’ai laissé faire. Ce n’est en aucun cas une déclaration de culpabilité ou autre. C’est un constat pris avec le recul.

      Quant au fait de rester et de souffrir, je t’invite à lire le témoignage de femmes ayant souffert de violences conjugales. Je ne me remets pas en question à ce sujet,le questionnement est ailleurs. Je sais maintenant pourquoi je suis restée. Qui est la même raison pour laquelle toutes ces femmes sont restées. J’ai une vidéo qui expliquera mieux que moi (car je considère qu’il n’est pas facile à expliquer à des personnes qui ne comprenne pas ou ne veulent pas comprends). J’espère qu’elel t’éclairera. Merci http://www.ted.com/talks/leslie_morgan_steiner_why_domestic_violence_victims_don_t_leave.html?utm_content=addthis-custom&awesm=on.ted.com_tMxC&utm_medium=on.ted.com-twitter&utm_campaign=&utm_source=facebook.com&source=twitter#.UhEJpioF0tp.twitter

      • lo 24 septembre 2013 at 8 h 22 min #

        Salut,

        D’accord, j’ai mieux compris que tu ne parlais pas de culpabilité en disant « La seule raison pour laquelle ceci est arrivé, c’est parce que je l’ai laissé faire » et c’est tant mieux pour toi.

        Ensuite, quand je disais que le fait de rester doit nécessiter un questionnement, ce n’était pas du tout un jugement, je ne disais pas du tout que c’était idiot ou stupide de rester. J’imagine très bien les multiples raisons qui peuvent pousser/obliger quelqu’un à rester dans une relation qui lui est pourtant néfaste. Je sors moi-même tout juste d’une relation destructrice (mais bien moindre que celle que tu décris, pas via les coups et pas aussi unilatérale) et je crois qu’en parlant de questionnement il y a un mois, je me renvoyais à moi-même.

        Je ne manquerai pas de regarder la vidéo dont tu m’envoies le lien en rentrant ce soir.

        Désolée donc si je t’ai paru un peu rentre dedans, ce n’étais pas mon propos.

        A+

  2. Wolfus 19 août 2013 at 20 h 20 min #

    Je ne peux mettre des mots sur les émotions qui m’ont traversé à la lecture. Un texte vrai, malheureusement et honnête. Je m’arrête là. Je ne veux pas gâcher les mots

Leave a Reply