Le boomerang de l’Enfer.

2 mar

boomerang

Ça m’a frappé comme un boomerang dans le bus ce matin : mon ex ne me respectait pas.

Je lisais un énième papier moralisateur dans BIBA sobrement intitulé « Ça, c’est sans moi ! », quand j’ai compris.

Alors, le « ça », ça englobe toutes les pratiques plus ou moins amorales qu’on peut imaginer, ou pas, au pieu. Grosso modo, y’a des trucs qu’on peut refuser (oui), même à son mec (oui), sans déclencher la bataille de Waterloo (oui). C’est ainsi que je me suis souvenue de la fois où j’ai dit « Ça, c’est sans moi ! », à l’ex FDP quand on a abordé l’épineux sujet de la sodomie au 3ème rencard et qu’il m’a regardé avec des yeux comme deux ronds de flan, l’air de dire « sans déc ? ».

Bah ouais, sans déc, en fait.

L’histoire (la mienne comme la notre) aurait pu s’arrêter là et je ne serais pas là, 4 ans plus tard à vous raconter cette histoire. Sauf que non, ça c’est carrément pas arrêté là. Il a d’abord fallu que je lui explique pourquoi j’avais pas envie. Ce qui, on en conviendra tous, est une conversation aussi palpitante et excitante pour un couple que de traverser une tourista ensemble. Quoique, c’est pas si con comme métaphore.

Comme, somme toute, on avait pas trop de trucs à se dire, il a fini par remettre la sodo sur le tapis. Métaphoriquement, j’veux dire. On en reparlait si souvent que c’était devenu un running-gag. Il demandait, je refusais, on faisait un jeu de mots foireux avec le mot « anal » et on zappait.

Je vous vois vous demander quel jeu de mot on peut faire avec « anal ». Un exemple : « Tu te sentirais pas mieux avec un analgésique ? ».

Ouais.

Après, il m’a servi le couplet de « Dans un couple, il faut faire plaisir l’autre » sur un plateau d’argent. Plateau que j’avais envie de lui envoyer dans les gencives comme avec une carte de Cat’s Eye. Ou une étoile de ninja. J’avais surtout envie de lui dire que j’étais portée sur la golden shower, histoire de voir sa propension à me faire plaisir et si oui, quand est-ce que je me mettais à lui pisser dessus. J’avais aussi vaguement conscience que c’était du chantage mais, j’pensais qu’il me cherchait parce qu’il voyait que ça m’ennuyait.

On rigole, mais ça devenait récurrent. Tant et si bien, qu’on abordait le sujet 2 fois par semaine. Rich bitch problems, tu m’diras.

On a finit par rompre et ne plus jamais en parler. Ni se parler, d’ailleurs.

Puis, ce matin, disais-je, ça m’a frappé comme un boomerang de l’Enfer : si on s’aime, on peut se dire « non », non ?

Oui.

 

One Response to “Le boomerang de l’Enfer.”

  1. Linax 25 mars 2015 at 8 h 49 min #

    Très touchant, ton texte !
    Merci d’avoir soulevé en moi une brise d’émotions pour la personne que tu es..
    Tout être humain a droit au respect, mais face à une personne comme toi, on est plus tôt en admiration !

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