Génération No !

8 juil

 

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Cet après-midi, j’ai mangé de la pastèque, pieds nus, cheveux en bataille, en fumant des clopes sur ma terrasse. Teesh déchiré, short déchiré, sans maquillage. Je peux dire que c’était certainement une des meilleures après-midis de ma vie.

C’est à ce moment que je me suis souvenue de la meuf que j’étais avant de (re)devenir une bohémienne.

Ah, ça, pour être prête à tout, j’étais prête à tout, tout le temps. Qu’il neige, qu’il pleuve, qu’il vente, pour aller cherche du pain, aller en boîte ou au travail, j’étais maquillée comme une Berline volée et en talons de 14.

Avec le recul, je ne sais toujours pas si je faisais ça pour moi ou pour les mecs. J’aimais l’idée d’être désirable 24/7. Aucun relâchement, jamais. Freak control de l’apparence. Aucune faiblesse. Aucune qui ne se voit, en tout cas. Bah quoi ? Une meuf toujours apprêtée, parfaitement épilée, le smokey eye parfait et qui ne bave pas, c’est une Wonder Woman non ? Et qu’importe si je devais me lever 1h30 plus tôt tous les matins pour retaper mon brushing (40 minutes), me maquiller (20 minutes), retoucher mon épilation (5 à 10 minutes, selon la faune pilositaire), m’habiller (10 minutes) et me bijouter (2-3 minutes). L’autoroute de la superficialité, ouverte toute la nuit, 150 balles de budget péage.

J’en avais déjà un peu marre et j’ai lâché du leste.

Le constat ? Pourquoi faire tout ça pour un/des mec/s qui se fout/ent totalement de ce que tu portes et qui veulent juste tirer leur coup. Mon ex, C., m’avait un jour avoué que je pouvais bien mettre la même robe 13 jours d’affilée, il ne s’en rendrait même pas compte. Rien à branler de mes efforts le mec, et ceci malgré avoir observé ma témérité à le rejoindre, un soir, à Nanterre, en talons de 14.

J’avais rencontré un type qui pronait la beauté naturelle et moi, je lui riais au nez quand il me parlait de ça, à l’époque. Je crois qu’il essayait de me dire que sous le make-up, le folklore et les tméniks, j’étais belle. Comme je le remercie de m’avoir ouvert les yeux. Je me rappelle précisément du dernier jour avant le burn-out de la beautista que j’étais. Je portais cette robe rouge que j’adore et des Louboutins de 19 cm. DIX NEUF CENTIMETRES LES GARS ! J’avais pris soin de parfaitement me maquiller, d’un charbonneux gris, que je devais fixer à la laque et au coton-tige pour ne pas qu’il coule avec la chaleur. Mes extensions me tenaient chaud et mes cheveux brushés commencait à reprendre leur nature initiale, c’est-à-dire Tina Turnesque, époque Ike. Pour que la robe tombe bien, il fallait des seins, que je n’ai pas, et je portais sous ma robe moulax, un soutif tellement rembourré que Dunlopillo aurait pu l’intégrer dans sa gamme de matelas orthopédique.

On était le 6 juin 2012, 20h, et j’allais au mariage de mon cousin.

A 22h, j’échangeais les Louboutins qui meurtrissaient mes pieds contre des baskets et je passais d’1m77 à mon 1m58.

A 22h30, dans les chiottes de la salle de réception, avec une des paires de ciseaux du traiteur, j’enlevais mes extensions et me passait le visage sous l’eau.

Le lendemain matin, le 7 juin, j’ai jeté tous mes produits à la con à la poubelle. La vue des mots « sulfate », « paraben », « silicone » me filait la tourista. Mon lisseur et mes brosses rondes ont été refourgés. J’ai donné mes soutifs Victoria’s Secret à 70 $ / pièce à une asso’. En échange, j’ai investi dans de l’huile d’olive, de l’huile d’Argan, du gros sel, du sucre roux et des masques au placenta animal.

Mes cheveux n’ont jamais été aussi beaux et longs, bien que fous et évoluant dans leur propre écosystème.

Je suis un pur produit de la génération No, et d’ici à ce qu’un mec me redise quoi faire de mon apparence, on a tous le temps de mourir !

2 Responses to “Génération No !”

  1. Emilie 8 juillet 2013 at 15 h 32 min #

    C’est drôle ce matin je parlais de mon apparence avec mon psy qui me disait que si je me mettais au régime c’était pour que les mecs me regardent sur la plage.
    Mais tellement pas! Je veux être bien foutue pour moi, j’arrive à pécho même avec mes kilos en trop.

    Quant au maquillage, soins, talons etc.. Je me sens en général plus jolie avec un maquillage léger (même si de temps en temps le smoky)et surtout à l’aise dans les fringues et mes chaussures !
    Ca me fait penser à cet article sorti la semaine dernière qui disait que je sais plus quel pourcentage de meufs dormaient maquillées pour plaire à leur mec au réveil…
    D’une le mascara qui coule pendant l’orgasme et le transfert de fond de teint c’est pas glam.
    De deux à force de faire de la merde avec ta peau effectivement sans maquillage tu fais peur.

    Bref une nouvelle fois je suis d’accord avec toi. Le naturel peut être beaucoup plus sexy et plaisant que le fait d’être toujours apprêtée. Et peut être que ça évite aussi de tomber sur des mecs qui s’intéressent qu’au physique.

  2. cl0r0 15 juillet 2013 at 16 h 29 min #

    Bin évidemment.
    Pour ma part c’est un peu (tout petit peu) l’inverse, j’ai jamais mis de talons grâce à mes 174cm et jamais abusé de maquillage grâce à mes gouts plutôt posés. Donc de temps en temps je m’amuse, mais rien de grandiose.

    La question est : qu’est-ce qui t’a donné envie de tout balancer le lendemain de ce fameux mariage ? Quoi qu’il en soit, c’était une merveilleuse idée.

    Enchantée, au fait. Je suis un vrai fantôme de ce site mais aujourd’hui j’apparais.

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