Guide de survie à Paris.

5 mai

paris_selon_les_parisiens2.1171723754.thumbnail

Cette semaine a vu fleurir un certain nombre de tops divers et variés sur Paris. Dans ceux-ci, l’excellent top de Lilas, comparse étrangère provinciale qui ne comprend pas nos us et coutumes.

Pour elle et autres fous qui, un jour, ont décidé de venir dans la noble terre qu’est la Capitale, voici un guide de survie élaboré après 30 ans à fouler le bitume de Paname.

– Les écouteurs sont tes meilleurs alliés. Ils évitent d’entendre les « sale pute » quand t’es en jupe, les mecs qui te sifflent, les « hey, mademoiselle », les « z’auriez pas un ticket resto » (8.50 euros quand même) et autres douceurs locales.

– Les Champs ne sont PAS la plus belle avenue du monde. D’ailleurs, si quelqu’un te demande si tu parles anglais, réponds « non ». En effet, en désespoir de cause, la mama roumaine est devenue bilingue et te tend un papier avec écrit « hello, i’m homeless, my family is dead, i’m hungry, file moi des thunes ».

– Dans la même veine, si un mec t’alpague en te disant « tenez Madame, vous avez fait tomber votre bague », trace. Il va généralement te demander du fric en échange de te l’avoir rendue (elle n’est pas à toi, hein). C’est ainsi que j’ai découvert la prostitution masculine (« s’tu veux, je te baise pour pas cher »). Vexant et chelou à la fois.

– Monte dans le taxi AVANT  de donner ta destination. Parce que oui, à Paris, c’est pas toi qui choisit ton itinéraire, c’est le taxi qui décide si c’est sur son chemin ou pas.

– Paris est la capitale de la mode mais sinon, dans la vraie vie, un jean, un débardeur et des baskets suffisent.

– N’hésite pas à frapper les enfants roumains dans le métro, tu es leur cible préférée, vu que t’es touriste.

– D’ailleurs, méfie-toi de tous les groupes de gosses quand t’es à une terrasse de café.

CESSE de chercher un endroit où le Coca est à moins de 4.20 euros, y’en a 8 à Paris et on te dira jamais où.

– Bruncher à 25 euros, c’est normal. Bruncher à 19 euros, c’est une aubaine.

– Résigne-toi, oui résigne-toi au temps parisien, il y’a du soleil 18 jours par an. Le reste de l’année, tu es en col roulé / doudoune / écharpe en terrasse. Avec tes lunettes de soleil.

– Ne va jamais, au grand jamais, au Champ de Mars côté Troca (côté Ecole Militaire, ça va), c’est le seul endroit où Roumains et Cailleras se mélangent sans aucune distinction et sont ici pour la même et unique raison : te dépouiller. Si tu veux voir la Tour Eiffel, va sur YouTube.

– Entraine-toi, devant le miroir, à faire une tête mi-déconfite, mi-exaspérée, mi-pas intéressée, mi-ignorante (oui, c’est une mine à 4 moitiés) pour rembarrer les mecs qui ne manqueront pas de te draguer dans la rue, sans avoir à parler.

– Si on te taxe une clope dans la rue, donne là. Tu n’imagines pas le nombre de nanas qui se font agresser uniquement pour avoir refusé une clope.

– Garde une paire de baskets dans ton sac quand tu tentes une sortie en talons. Entre les rues pavées, courir après le métro (ce qui est absurde car il en passe toutes les minutes), les escalators en panne, t’as pas fini de cavaler. Oui, à Paris, on a pas de voiture t’as vu, tout est in-ga-rable.

– Arrange toi pour vivre dans un bon quartier, parce que tu ne sortiras « qu’en bas de chez toi ». Et que « putain le 18 ème c’est un nid à touristes », « Bastille, putain c’est un coupe-gorge le bordel », « le 15ème, putain, c’est où ? », « La Défense, c’est en zone 3, putain ! ».

– Oui, commence à placer « putain » dans toutes tes phrases, c’est notre « schtroumpf » local.

– Si tu as des potes parisien(ne)s, demande-leur de te parler verlan, parce que personne ne comprendra quand tu diras « degun » ou « tout d’bon »  (on me l’a dit hier, je crois que ça veut dire « que des bonnes choses ») ou chaipakoi. A toi de t’adapter, le parisien ne fait pas d’effort.

– A Paris, on est toujours dans le speed, il va falloir apprendre à se maquiller dans le métro. Debout. Sans se crever un oeil. C’est la jungle, ma pote.

– Un jour de grève, économise-toi, ne va pas bosser. Ou bien sors de chez toi pour aller à Milan, ça sera toujours plus rapide que de tenter de prendre la ligne 13 à Saint- Lazare.

Globalement, soit antipathique, pas souriante, pas avenante et blindée, tu devrais pouvoir survivre.

Je ne finirais pas ce post par « Paris est la plus belle ville du monde », parce que EVIDEMMENT ça, tout le monde le sait. Paris j’te kiffe mais tu me fatigues, ma parole, tu fais tellement ta pute que parfois j’ai envie de me défenestrer.

6 Responses to “Guide de survie à Paris.”

  1. LGoldo 5 mai 2013 at 23 h 39 min #

    Ahahah j’ai bien ri coquine !
    Paris, cette jungle magnifique.
    Je me garde ta petite liste au fond du sac pour ma prochaine virée parigote, tout d’bon !

  2. Denis 6 mai 2013 at 7 h 14 min #

    Tout simplement excellent !

  3. Molser 6 mai 2013 at 16 h 33 min #

    Que de souvenirs… J’suis pas mécontent de m’être défenestré en province !

  4. Fleur 23 mai 2013 at 10 h 33 min #

    Même en lisant et approuvant cette liste, Paris me manque… Je dois être maso, il n’y a pas d’autre explication !

  5. Pauline 23 mai 2013 at 14 h 33 min #

    En Thaïlande, les taxis aussi décident de leur trajet.

    Sinon, Paris a tellement fini par me déteindre dessus qu’ici, je trouve que tous les gens sont des clampins, pas capable de marcher droit pour que tu puisses les doubler (parce qu’ils marchent tous à 2 à l’heure…) J’essaie de me soigner.

    Sinon, Paris me manque aussi un peu quand même. Sauf que le soleil me permet de me rappeler qu’en fait, Paris, c’est un peu pourri.

Trackbacks and Pingbacks

  1. Pourquoi je hais les taxis. - La preuve par moi - 29 juillet 2013

    […] vous me lisez, vous savez certainement que je suis une Parisienne pure souche. De celle qui a arpenté les Champs à 4 du mat’ en talons aiguilles. De celle qui ne connait […]

Leave a Reply