La dame du métro.

18 avr

Y’avait cette femme dans le métro, qui était assise et au dessus de laquelle je me tenais. Elle devait être un peu plus jeune que ma mère, la cinquantaine, donc. Elle n’était pas très jolie du visage mais avait bel et bien un corps de fou.

Elle tenait un stylo dans la main et manipulait avec véhémence plusieurs feuilles sur lesquelles elle griffonnait. Sa lettre, elle s’adressait à Jean-Marc. Au dessus de son épaule, je pouvais lire cette lettre, ses reproches, ses angoisses, ses peurs et sa tristesse. Je sais pas ce que lui a fait Jean-Marc mais elle en avait bavé, elle. Elle s’arrêtait pas de corriger, raturer, réécrire la version finale de sa lettre à l’homme qu’elle aime.

Je ne voyais pas trop son visage mais je l’entendais renifler. J’me suis demandée si, allergique à l’engagement comme je le suis, je serais comme elle à 50 piges à pleurer pour un mec. Comme à 20. Comme à 30.

Une place en face d’elle s’est libérée et je m’y suis assise. Elle me regardait droit dans les yeux. Avec une intensité folle.

J’ai fondu en larmes.

2 Responses to “La dame du métro.”

  1. adeline 19 avril 2013 at 9 h 26 min #

    C’était moi, ou j’étais toi, ça revient au même

  2. Molser 7 mai 2013 at 10 h 28 min #

    Un billet qui équivaut à un coup de bombe lacrymo… c’est fort.

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