La gueule de bois du siècle.

16 nov

Je me suis réveillée, ce matin, avec, putain, la gueule de bois du siècle.

Celle que t’as quand t’as mélangé les alcools, pastis puis vin puis vodka, le tout arrosé de Jagger Bomb. Celle que t’as quand tu proposes à un mec de monter boire un dernier verre et que tu fais les fonds de placards pour te servir le shot de trop, celui qui te donnera le courage de te déssaper devant un inconnu. Celle qui va, souvent, avec l’impression d’être un cendrier vivant, parce que t’as enchainé les clopes en terrasse, en grelottant dans ta petite robe, on va pas mettre de manteau, ça niquerait le style. Celle qui s’accompagne de 2 aspirines, une douche froide, un litre d’Evian.

Mais je n’ai rien bu, je n’ai pas fumé, je ne suis même pas sortie de chez moi. Ca fait 3 jours que je suis hypnotisée par les nouvelles. Que je vois ces visages, ils m’obsèdent, ces gens qui ont survécus, ceux qui n’ont pas eu cette chance, ces anonymes, qui seront nos potes à jamais. Qu’on a connus. Ou pas connus. Qu’on connaitra jamais.

Et ces images, non pas celles des attentats, celles de soutien, qui permettent de se dire « on est pas seuls », qui font chaud au coeur. Et ces mots, tous si beaux, mille fois plus beaux que ceux-ci, qui arrachent des larmes.

Ces gens beaux. Si beaux. Qui nous ressemblent et qui nous ont quittés. Ils étaient comme nous, ces gens. Ils picolaient du mauvais vin en terrasse, fumaient des clopes en maudissant la Loi Evin, dansaient, suaient, aimaient. Ils sont partis comme ils ont vécus, dans la folie douce d’une jeunesse exaltée.

Mais surtout, cette rage de vivre, ces parisiens qui sont les miens, mes copains, mes copines, mes frères et soeurs unis dans la douleur, qui n’ont qu’une envie c’est boire, baiser et danser. Mais pas de se venger.

Je ne regarde pas encore l’avenir, ça va venir. Pour l’heure, je reste comme ce Paris qu’ils détestent : libre et perverse. En attendant de reprendre la vie, l’Humanité souffre et je souffre avec elle.

One Response to “La gueule de bois du siècle.”

  1. Linax 11 octobre 2016 at 8 h 37 min #

    Trop de sensibilité.. et en fin de compte, ça laisse entendre un truc du genre :.. »ça aurait pu être moi!! »
    Tu tombé dans le panneau « tout le monde » alors que t’as toujours été singulière et on veut que tu le restes. (On t’aime bien pour ce que tu es)

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