La raison de la passion.

24 jan

On connaît toute une nana qui est toujours maquée. Qu’il neige, qu’il vente ou que le printemps pointe son nez, elle est toujours là, cette connasse, à dire « J’vous présente mon nouveau mec ». 

Cette connasse, c’est moi. Ca doit bien faire quatre ans que mon coeur bat pour un mec. Pas toujours le même, du reste.

Cet après-midi, on me parlait d’une nana qui recherchait l’amour absolu, le mec parfait, la perle rare, l’amour toujours. Et finalement, elle est pas souvent en couple, cette fille.

Je me suis demandé ce qui nous différenciait elle et moi. Aies-je, quelque part, perdu mes illusions de petite fille ? Suis-je plus clairvoyante sur la nature profonde des rapports homme-femme ? Mes expériences passées ont-elles altéré mes rêves d’amour fou ?

Cet après-midi, j’ai vivement repensé à mes dernières relations. A l’un qui me trompait avec tout Paris, l’autre qui est parti sans prendre la peine de claquer la porte, à cet homme qui, tout doucement, est entré dans mon coeur jusqu’à le remplir avant même que je ne m’en rende compte. Puis à celui qui, de nouveau, partage ma vie, précautionneusement, tout doucement, sans trop penser à demain.

Pour autant, je les ai tous aimé très fort, avec toutes mes tripes d’impulsive passionnelle. Et je les aimerai toujours. Je refuse de détester quelqu’un que j’ai aimé. J’ai pleuré puis j’ai pardonné.

J’ai passé ma vie à faire des choix par passion. Jamais avec ma raison, toujours avec mon sang bouillonnant. De mémoire, je n’ai pris qu’une seule décision raisonnable dans ma vie, il y a deux mois. J’ai laissé partir le mec dont j’étais amoureuse « parce que c’est plus simple ». Parce que quand l’amour s’en mêle, les soucis commencent. Parce que quand on aime il faut partir.

Evidemment, un choix de raison, c’est culpabilisant. On ne peut s’en prendre qu’à soi-même. L’envie de courir vers l’autre et de hurler « Désolée, y’a jamais eu que toi » est pressante. Mais non, il faut savoir être raisonnable. Changer de chapitre. En se mordant les lèvres.

Est-ce que nous croyons toutes au Prince Charmant ? Oui, je le crois. Est-ce que nous le trouvons ? Parfois, sans doute. Cela nous empêche-t-il d’être heureuse ? Certainement la plupart des meufs.

Je n’ai pas honte d’avoir aimé, pleuré, souffert, pardonné. C’est pas de la faiblesse. Et quand bien même, être faible c’est être vivante. Etre vulnérable, c’est se sentir respirer.

Pour ma part, je m’estime heureuse d’avoir aimé, de l’avoir été. De l’être peut-être encore. Je suis chanceuse, finalement, c’est beaucoup plus que la majorité des filles sur Terre.  Quand mon coeur se serre, je regarde autour de moi et je crois être très chanceuse. Finalement, je ne suis pas la plus à plaindre. Loin de là. Et je me rappelle que l’amour est un problème des gens qui n’en n’ont pas.

No comments yet

Leave a Reply