Le booty-call de la honte.

29 oct

booty-call

 

Je ne saurais dire quand j’ai rencontré Gary. Mais, si mes souvenirs sont exacts, c’était chez lui, à une flat-party. Pour être honnête, c’est mon plan cul de l’époque qui m’avait amenée là-bas.

Je suis arrivée ronde comme une queue de pelle, bonne comme la femme du Diable et aussi plus vieille que la majorité de l’assemblée estudiantine agglomérée dans 18 m2. Car Fred, mon plan de l’époque avait 18 ans, je l’apprendrais 3 ans plus tard lorsqu’il m’invitera à son anniversaire, pour sa majorité universelle, pile le même jour où je fêtais ma pré-ménopause. Mais c’est une autre histoire…

Un beau jour, Gary qui avait eu mon numéro de téléphone je ne sais comment, m’invite à diner, chez lui, pour mon anniversaire.

Je suis née en juin, nous étions le 18 octobre.

J’ai décidé de passer outre son décalage horaire parce que bon, un mec qui cuisine pour toi, ça arrive pas tous les jours. Mais dans le doute, j’m’étais quand même avalé un Maxi Best-Of Fish, dès fois que le repas tourne court.

Me revoilà donc, 6 mois plus tard, dans la studette de Gary, talons de 14 et bouteille de Monbazillac à la main. Parce qu’amener du vin quand on t’invite, ça se fait.

Sauf que Gary avait omis de cuisiner. Et comme – déjà à l’époque – j’étais pas née de la dernière pluie, j’avais omis de mettre une culotte.

Là où je dois dire, Gary m’a franchement surprise, c’est qu’il s’est mis à me faire la conversation. Hey, mon pote, c’est pas un club de lecture, sers-moi un verre de vodka – pomme, sans pomme, merci, mais avec des glaçons et une rondelle de citron vert. Ca durait, ça durait… Et on parlait… Et je m’en tapais…

Vous savez, mon problème, c’est que je suis impatiente.

Soit ça baise, soit je rentre. J’étais en plein dans l’épisode de Grey’s Anatomy où Burke et Cristina Yang se chamaillent à propos de leur mariage et que, si vous voulez mon avis, ça va partir en couilles, cette histoire.

Très poliment, après avoir digéré mon repas d’anniversaire composé d’une demie bouteille de Belvédère (sur laquelle j’ai essayé de planter mes bougies, sans succès) je prends congé. C’est à ce moment que Gary s’est décidé à me prendre tout court, sur son futon d’étudiant.

Alors je sais pas si vous avez déjà baisé sur un futon mais c’est drôlement pratique pour compter les lattes du parquet. En levrette, c’est limite si tu te fous pas des échardes dans les rotules tellement le bordel est fin.

Quand j’ai rencontré Gary, c’était encore un louveteau, il maitrisait pas son game. J’aime à croire que j’lui ai appris deux-trois trucs un peu sympa durant les 4 mois de notre plan cul irrégulier.

Puis je me suis remise avec mon ex, et j’ai oublié Gary, sa studette, sa kitchenette et sa quéquette. La vie étant ce qu’elle est, quelques années plus tard, l’Ex ayant révélé sa polygamie au sus et au vu de tous (et c’est ENCORE une autre histoire), je me retrouvais seule et célib’, un soir de juillet.

Avec ce qu’on appelle communément « une dalle de chacal ».

Je sais que j’ai pour habitude de vous conter ici mes plus beaux exploits. Mais ne vous y trompez pas, moi aussi, j’ai des réflexes de forceuse, parfois. Comme par exemple, rappeler Gary 2 ans plus tard à 3h40.

TROIS HEURES QUARANTE.

Disons le tout net, 3h40, c’est pas un booty-call, c’est un crève-la-dalle-call.

J’assume.

J’assume tellement que j’ai même payé son taxi.

Je sais pas où il était le Gary, mais à 45 euros le taxi, il avait intérêt à m’honorer. Je ne m’en souviens pas avec précision mais pour faire ce genre de move, je devais être bourrée. Admettons que j’étais morte pour la France, ça me déculpabilisera, tiens. Ceci expliquerait aussi mon étonnement de le voir, le matin gisant de toute sa masse dans mes draps à 300 vers 8h45.

Sachez une chose, si vous êtes prêtes à faire ça un jour, le lendemain, c’est pas beau à voir.

Dans mon miroir, je ressemblais à Régine : mascara qui coule, cheveux emmêlés, gueule de bois carabinée, ecchymoses (oui).

Alors que je m’allumais une clope et que je prenais un remède à base de caféine / aspirine / morphine, Gary débarque dans le salon.

« Tu me fais le petit-dej ? »

«Y’a un Starbucks devant le métro, circule. »

Je ne l’ai jamais revu.

Le booty-call de la honte, j’vous dis.

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