Le mateur des plages.

30 août

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L’été touche à sa fin. Fini les barbeuks sur la terrasse. Fini les Cubi de rosés. Fini les matins bonheur réveillés par les rayons du soleil. Fini les bikinis, le sable chaud et les remous de la mer.

Fini, surtout, ce fléau inexplicable qu’est le voyeurisme sur la plage.

Parce que, oui, il existe une espèce de mecs, ici bas, très étrange : les mateurs estivaux.

Tu as attendu ce moment toute la putain d’année en France, pendant 11 mois d’hiver. Enfin, après des heures de boulot acharnés, des vacances posées pas vraiment quand tu veux, des heures de vol ou de train, des mois de régime, tu poses enfin précautionneusement ta serviette sur ton transat.

T’enlèves ton short, ton débardeur et tes tongs. Evidemment, t’as mis ton plus beau maillot. Tu t’enduis de crème, tu t’allonges, tu fermes les yeux derrière tes lunettes fumées. Hmmm. C’est bon.

Mais, pourtant, tu sens un regard sur toi. Une espèce de bouffée chaude sur ton cou. Comme ces lasers pointeurs rouges débiles qu’on avait plus jeunes.

Il est là, à quelques transats de toi, il te mate en chien de faïence, langue pendante, écume aux lèvres. Comme un chien, qu’il est. Le mateur te déshabille du regard, ce qui est d’une absurdité navrante vu que t’es déjà à moitié à poil.

Et c’est bien là tout le problème. La plage c’est le seul endroit  AU MONDE – hormis la douche et les boites échangistes – où tu peux te foutre quasi à poil tranquille. Mais non, y’a toujours un gars pour t’emmerder, te reluquer, te mettre mal à l’aise.

Y’a pas un proverbe relou qui dit « Une femme qui se dévoile ne laisse plus de mystère pour celui qui… »  Chaipakoi là ? Bah voilà, c’est pareil.

Généralement, tu le repères assez vite, le mateur. Il a un petit air pervers et suffisant comme si sa trace de coup de soleil de la vieille lui donnait la légitimité de mater ton cul. Parfois, y’a une feinte. Parfois, il peut être un peu bogoss et venir nous parler. C’est là que ça vrille. Comme les nanas sont des êtres vils et vaniteux, dès qu’un mec nous parle alors que est presque dans notre plus simple appareil, on se sent flattées.

Y’a pas de quoi, meuf. Il veut juste mater le creux de tes seins, apercevoir un bout de tétons et si tu vas te baigner avec – ce que je déconseille fortement, parce que se baigner avec un inconnu, c’est quand même un peu risqué – il te foutra un main au cul sous prétexte de te protéger d’une grande vague.

Autre piège : le mateur peut se déplacer en grappe ou en pack de 6 comme des chicken nuggets. Là, ça devient vraiment gênant, parce qu’une horde de mecs qui matent, on peut rien y faire. On les voit chuchoter ou glousser, sans savoir si ils parient sur notre tour de poitrine ou si ils charrient notre cellulite. Et le PIRE, c’est que même si on s’en fout, on ne peut s’empêcher de retenir notre respiration pour avoir un ventre plus plat.

Putain de vanité.

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