Le mec a l’égo surdimensionné.

26 juin

cirque-du-soleil-lisbonne

 

Si il y a bien une chose que j’ai apprise au fil des aventures et des années, c’est de mettre un putain de gros signe rouge et phosphorescent sur le front des mecs qui affichent une trop grande confiance en eux.

En général, ces mecs ont un égo surdéveloppé inversement proportionnel à la taille de leur bite.

C’est PRÉCISÉMENT ce signal, qui pourtant tourbillonnait comme un gyrophare que j’ai ignoré, quand j’ai rencontré Ben.

Ben était bourré de qualités. Sur le papier.

On s’est rencontrés à l’entrée d’un bar. Enfin, rencontrés. Il faisait la sécurité, je venais faire un trou dans le PIB de la Russie, à grand renfort de Vodka Sour. Donc, techniquement, on s’est pas rencontrés directement. Mais on s’amusait à mon jeu préféré : qui soutiendra le regard de l’autre le plus longtemps. Vous vous rappelez de ce jeu quand on était gamins ? Une espèce de je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette, le premier qui baisse le regard aura une levrette.

On a joué à ce truc à la con une paire de fois. Souvent, par la suite, grâce à la musique et mon patriotisme pour la terre qui m’a vu naitre, je finissais ivre dead dans le coin fumeur.

Ce qui me rappelle une anecdote, dans ce même bar, où ce putain de coin fumeur se trouvait au sous-sol. Ivre et impatiente de fumer ma tige, j’avais tapé un sprint dans les escaliers. Que j’avais fatalement dévalé. Je suis pourtant, et contre toute attente, arrivée en bas, saine et sauve, stable sur mes deux talons de 14, ma vodka et sa paille intactes dans le verre.

Le lendemain, je contactais le Cirque du Soleil pour leur proposer un numéro inédit de funambulisme. Ils n’ont pas donné suite à ma requête.

On a joué à ce truc à la con une paire de fois, disais-je, mais ça m’amusait plus.

C’est pour ça que le samedi suivant, ma surprise fut totale quand je me suis rendue aux toilettes du bar et, voulant fermer la porte derrière moi, j’ai sentie un pied faire barrage.

Ben, de toute sa hauteur, s’est engouffré dans la cabine des chiottes et m’a plaquée contre le mur.

J’ai pas pu résister parce que 1/ Ben faisait 1m98 au garrot, et que 2/ je ne pouvais que saluer son audace.

Après m’avoir langoureusement violemment emballée, Ben a enfin parlé.

- Suce -moi

- Bah, non.

- Bah, si.

- Bah, non.

- Bah, si.

- On va jouer à ça toute la nuit, parce que j’ai un peu envie de faire pipi, là. 

- Je comprends pas pourquoi tu veux pas.

- Tu veux que j’appelle la sécurité ?

- La sécurité, c’est moi.

- TU ME MENACES, C’EST ÇA ?

- T’aurais déjà eu le temps de finir, au lieu de faire le moulin à paroles.

- On a l’air bien intimes, d’un coup, je peux faire pipi sur ta jambe histoire de marquer mon territoire ?

- Bah, non.

- Bah, si.

- Bah, non.

- Tu vois comment c’est relou ?

J’ai fini par m’extirper du bordel, sans avoir eu le temps de pisser ou même de finir mon verre de vodka.

15 jours plus tard, Paris étant aussi grand qu’un hall d’immeuble, je me retrouve en boite avec Ben, toujours cet air supérieur collé sur sa gueule.

Au bar, il m’explique calmement comment « toutes les meufs sont sur ses côtes », « tout le monde veut sa bite », « en même temps, je les comprends, chui pas n’importe qui, tu vois ».

Je ne voyais pas.

Mais j’avais bien envie de lui fermer sa gueule à tout jamais. Et, dans le même temps, les arrogants m’ont toujours fait bander.

Plus tard, dans la nuit, Ben se retrouvait dans mon salon. Je savais, à ce moment précis, que je le détesterais à tout jamais MAIS que j’avais envie de lui BIEN QUE je savais que c’était la pire idée du siècle TANT EST SI BIEN QUE j’ai même pas pris la peine de l’embrasser AVANT d’attaquer.

Ben se sentait visiblement dans un bon jour, il a daigné me toucher. Je le dis comme ça, alors que ça nous semble à tous normal, hein, mais lui m’en a fait la réflexion par la suite, alors je vous spoile un peu la fin.

Après quelques doigtés qui n’ont pas marqué l’histoire ni les recherches du Point G, Ben redémarre.

- Suce-moi.

La 2ème fois, ça me faisait beaucoup moins rire, figurez-vous.

- Ecoute, Ben, on va pas jouer à ça toute la vie. Je te suce si je veux. Pas que je sois regardante ou que quoique ce soit, mais putain, ta mère t’a jamais dit de ne pas réclamer ?

- Bah, je t’ai touché, tu me le dois…

- Aaaaah, parce que le sexe c’est un prêté pour un rendu ? Une pipe, ça fait combien en Miles ? Paris-Milan ? J’peux te rembourser tes 2 doigts, tu sais ? En Granola ?

- Tu te rends pas compte toi, toutes les meufs sont sur mes côtes, y’a des tas de meufs qui veulent ma bite, en même temps, je les comprends, chui pas n’importe qui, tu vois.

- Non, je ne vois pas.

- Tu me suces ?

- Toujours pas.

Ben a du partir précipitamment suite à mon refus indérogeable.

Le samedi suivant, il m’a fait payé l’entrée du bar.

Connard.

 

2 Responses to “Le mec a l’égo surdimensionné.”

  1. Jo 17 juillet 2014 at 19 h 10 min #

    Le problème de ce garçon c’est pas l’égo mais le QI…

  2. Linax 29 septembre 2014 at 10 h 33 min #

    Une histoire sympa ! Merci.

Leave a Reply