Les dangers de la baise Intra-Muros.

23 mai

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Quand t’es parisienne, le dating n’est plus un plaisir, ça devient une épreuve. C’est un peu comme Koh Lanta sauf que ta passe ne vaut pas 100 000 euros. C’est bien plus facile de dater sur Tinder avec la certitude d’avoir un mec dans un rayon de 5kms que de courir dans toute la ville pour se faire peloter les seins.

La règle #1 de la parisienne born and raised qui se respecte, c’est de ne jamais changer d’arrondissement pour baiser. Démonstration en 5 points.

1/ Le mec qui vit Rive Gauche

Le mec a l’opportunité de vivre à Paris, il est vachement content de payer son 23 m2, 2000 euros par mois. Il a tout pour lui Rive Droite, le Marais, les Halles, Etienne Marcel, Strasbourd-Saint Denis, voire même République. Mais non, il décide d’aller dans ce mouroir qu’est la Rive Gauche. De son propre chef. T’es là, tu veux juste une partie de jambes en l’air, et tu te retrouves perdue à Boucicot. Ca veut dire que tu dois TRAVERSER LA SEINE pour baiser. Oui, tu traverses un putain de fleuve. Et ce, au risque de te retrouver perdu dans les méandres du métro parisien à des stations dont tu n’as jamais entendu le nom. Sauf Cluny-La Sorbonne, mais parce que « Cluny », ça ressemble à « Cunni » et c’est facile de s’en rappeler.

Le mec, tout fier, te dit « Viens, j’habite Porte d’Italie, c’est Paris ». 

1 – Non.

2 – La seule porte que tu acceptes de franchir, c’est celle de l’Enfer, et elle est pas dans le 13ème.

2/ Le mec qui vit en banlieue qui n’a pas de caisse

T’as dégotté un beau petit keum dans un bar. Tu bois, il parle, il te saoule, tu te saoules. Mais il est sex, alors ça passe. Avec des shots, tout passe. Tu titubes sur tes talons de 12, tu fais un peu la belle ingénue à base de coups de cheveux et rire de gorge, alors que le matin ton rire de gorge c’est plutôt Dark Vador en pleine crise d’asthme. Bref, tu fais la pute pour rentrer avec lui. Sauf que là, problème, le mec te dit qu’il vit à Aubervilliers et qu’il attend le premier métro. Lequel est dans 4h.

Calcul simple : 2 verres de vodka + 6 shots de vodka – 4h pour déssouler + 1 gueule de bois carabinée le lendemain = 35 euros de taxi.

Calcul simple #2 : 35 euros de taxi = 2h de baise ivre = 3 orgasmes.

Tu prends le taxi pour Aubervilliers. Comme t’étais encore assidue en CM2 et forte en fractions, tu t’es pas trompée, t’as pris ton pied.

C’est là que ça se complique. Il est 4 du, t’es toujours en talons de 12, il pleut (parce que bon, si il pleut à Paris, on se doute que Auber, c’est pas L.A), les Taxis G7 t’ont mis sur leur liste d’appels refusés vu toute les fois où tu les as planté après avoir commandé un taxi et pris un autre dans la rue. T’es dans la merde. T’es là, avec ta bite et ton couteau, ton parapluie et ta robe de pute et tu fais ce que toute personne saine d’esprit ferait à ta place : tu lèves le bras en priant pour qu’un taxi passe et s’arrête.

3/ Le mec qui vit en banlieue TRES lointaine mais qui a une caisse

Même configuration que la précédente, sauf que quand le mec te dit « Je vis dans la Grande Couronne », tu penses qu’il fait allusion à la taille de sa bite. Fatalement, tu tiltes pas. C’est quand vous arrivez Porte de Clignancourt que tu te dis que y’a un truc qui part en couilles vu que tu pensais qu’il vivait à côté du bar. Sur l’A86, tu commences à flipper, parce que bon, vous avez passé le périph et chacun sait ce qu’il se passe de l’autre côté du périph : rien. Naïve, tu lances un « bah tu vis pas dans le Marais ? », auquel il te répond « Non, je vis à Sannois ». Dès lors, tu ne peux pas t’empêcher de croasser « Sanoikoi ? Sanoikoi ? », comme un putain de crapaud,. Sauf que t’as bien l’impression qu’il va pas se transformer en prince et que tu vas pas te faire déboiter dans la plus haute tour du Château. Tu avais tort sur toute la ligne. Tu es bien aux Marais, sa sympathique cité fleurie, et t’es bien dans une tour.

Foutue pour foutue, autant se prend une cartouche (je parle de baise, pas de balle perdue). Sauf que faut bien rentrer chez soi, après. On va pas dormir là et encore moins s’y réveiller. Le problème, c’est que c’est lui qui conduit et donc, c’est un peu le roi, sur ce coup là. Toi t’as envie de déguerpir mais il prend biiiiiiiien son temps. Il est 3h du mat’, t’as voyagé pour l’année, t’as le mal du pays et tu veux rentrer à Paris. Tu supplies, tu pries. Tu te promets même que si tu rentres bientôt – et saine et sauve -, tu arrêteras de snober la Rive Gauche et tu baiseras un mec Censier-Daubenton.

Non, j’déconne, faut pas charrier.

4/ Le mec qui vit en province

Cette configuration n’existe pas. La parisienne ne baise pas avec un provincial.

5/ Le mec qui vit à l’étranger

OK, 450 balles, la pipe ça fait cher. OK, le quickie impromptu comprend l’enregistrement des bagages, la douane, 8h de vol, 12 faux sourires aux hôtesses et la mise à mort de Damien le Satanique, 8 ans, ce chiard qui aurait mieux fait de finir en éjac faciale plutôt que dans le couloir de l’avion. Mais quand même, après tout ça, je peux te dire que le plan cul qui vit à l’étranger te mettra ta dose réglementaire vu les efforts que tu as fourni. Et rien que pour ça, ça vaut le coup. Et puis, quitte à faire la pute, ça a quand même plus de classe de baiser dans Central Parc que de baiser au Parc Monceau.

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