Wake up, buy a ticket and never come back.

20 juil

 

Le cerveau est fait bizarrement. Il enregistre, collecte, assimile un tas d’informations et te les ressort au moment le moins opportun. Chez moi, c’est la musique qui est enregistrée, stockée. Chaque morceau, sample, instru est quelque part entre ma mémoire auditive et ma mémoire générale.

Il suffit que mon Ipod se mette en shuffle, que je tombe sur un son bien caché, souvent oublié, et qu’à cet exact instant je sois dans une situation un peu maussade, et BAM, mes émotions prennent le dessus.

Once upon a time, un matin nuageux en juillet, à Paris. Comme il en a tant. C’est le premier jour du Ramadan, des milliers de personnes se sont levées à l’aube pour manger. Pour participer à l’acte le plus pieu de l’Islam. Moi, je dormais. Puis, les rares oiseaux aventuriers en ce mois horrible ont commencés à pépier. Doucement, je sors de ma léthargie. Dans ma tête tourne une boucle musicale, infiniment triste, que je n’arrive pas à définir.

Cette nuit, j’ai rêvé en anglais. Une phrase me revient et je n’arrive pas non plus à la rattacher à quelque chose : « Summer is over ».

P’tit dej, checking de ma TL Twitter, douche, routine. Chiante à en crever. Dernier jour de boulot avant 1 mois de vacances.

Choix de mes sapes, la boucle revient, c’est du violon. Je la sifflote comme si on allait me répondre « Mais ouais meuf, c’est la 5ème de Beethov’ ! »

La boucle de violon et le « summer is over » s’entrechoquent, se superposent dans mon esprit. Non, ça ne colle pas ensemble.

Métro, je fouille dans mon Ipod, à la recherche d’un artiste qui aurait pu foutre du violon sur un son : Busta, Wu-Tang, Primo, Nas… Rien ne colle vraiment.

Kanye. Possible. 2004. Oui. College Dropout. Probable. Miri Ben-Ari. On chauffe.

Je trouve la boucle. J’écoute le son qui m’entête. Dans le métro. J’en pleure.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=1VS43EiGxoI]

John Legend au refrain. 1’23 minute. Si ce morceau avait fait 4 minutes, ce serait surement une des meilleures pépites de l’histoire de la musique. Je n’en serais pas sortie vivante.

« Summer is over ». J’ai une boule dans le ventre. Mon téléphone sonne. Ce genre d’appel qui change ta journée, ta semaine, ta vie. Les larmes perlent. Tu ne sais pas si tu dois rire ou pleurer.

Arrivée à Porte de Saint Cloud, je ne me dirige pas vers mon bureau. Je m’assois sur les marches de l’église.

« Summer is over ». Soudain, ça revient. Comme un flash-back que tu regardes plan après plan, à l’envers, super vite.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=w2I4F2G5CW0]

« Our spring was wonderful, but summer is over now ».

Tu sens la fin d’une ère, le début d’un truc nouveau. Incapable de mettre le doigt dessus. De savoir si c’est bon ou mauvais augure. Tu sais juste qu’il va se passer quelque chose, qu’il y a un truc dans l’air. Imperceptible, impalpable. Dans le doute, tu flippes. Mais qui sait ?

No comments yet

Leave a Reply